Il est question aujourd’hui de parler du suicide.
Nous venons d’apprendre le décès d’une jeune étudiante.
Pour des soucis de confidentialité, nous ne divulguerons pas son identité ni quoique ce soit la concernant.
Pour mieux comprendre ce fléau, nous avons voulu en dire quelques mots sur le passage à l’acte suicidaire.
Ici, ils parlent d’isolement qui a pu conduire au repli sur soi, puis aux idées noires jusqu’au scénario suicidaire puis au passage à l’acte avec cette ferme intention de mourir afin de se libérer d’une souffrance psychologique intense et insoutenable.
Nous ne connaissons pas l’histoire individuelle de cette jeune, son parcours, son mode de vie, ses pensées, ses émotions etc. Mais nous pouvons supposer que sa souffrance fut si intolérable qu’elle aurait pensé que sa seule solution capable de l’apaiser était : la mort.
Il faut dire que nous avions travaillé sur ces problématiques auparavant notamment par les travaux de recherche en l’occurrence celui qui portait le thème de : »l’amour au bord du suicide ». Le suicide reste encore de nos jours la deuxième cause de décès des jeunes.
Et il serait intéressant de sensibiliser sur ce sujet auprès de la jeunesse mais aussi de façon globale en faveur de toute la population. Et toutes les personnes qui partent vivre à l’extérieur et qui auront dû mal à s’adapter à la culture occidentale ou souffrir d’autres pathologies liées à la santé mentale ou pas.
Le suicide comme une personne de haute responsabilité le pense, n’est nullement un phénomène nouveau. Cela reste surtout un sujet tabou. Mais toute personne, traversant des épreuves très compliquées pouvant lui sembler insurmontables, pourrait avoir recours à ce passage à l’acte. Surtout si rien ne la protège d’emprunter ce chemin sombre.
Dans certains pays traditionnels, la religion, la culture, la famille et la communauté semblaient être des facteurs de protection pour ne pas faire le choix de cette solution désespérée.
Mais dans une société en pleine mutation, qui se modernise et s’occidentalise, nous remarquons souvent une perte des valeurs, des repères pouvant amener ces membres surtout les jeunes gens à se sentir perdus dans un monde où ils ne se sentent plus à leur place.
Ainsi, il est de notre devoir de sensibiliser et de prévenir ces souffrances psychologiques. Nous avons l’impression d’une banalisation de ces questions sensibles, il serait temps qu’on puisse se rendre compte de la gravité de cette réalité existante, de proposer un dispositif spécifique afin d’accompagner à une meilleure prise en charge des jeunes ultramarins en l’occurrence dès le début, à Mayotte, à la Réunion, en Métropole ou ailleurs.
Cela demande un travail partenarial, de la communication, de l’écoute, et surtout de faire appel aux experts pour réfléchir aux moyens de prévention et d’accompagnement psychologique.
Restons unis face à ces drames et libérons la parole des choses taboues, afin d’éviter un confinement individuel qui pourrait être fatal comme ce fut le cas pour cette jeune femme.
Angie Weps
Chroniqueuse de la santé mentale