Un jour, une femme
Pour honorer la femme, je vous propose des portraits de certaines d’entre elles, des femmes sublimes, touchantes, fascinantes qui nous inspirent.
Voyage dans l’intimité psychologique de ces merveilleuses femmes.
Commençons par notre incroyable et douce Fatima.
Autoportrait ♥️
Je suis Fatima Tricoire. Ici, à Mayotte, on me connaît sous le pseudonyme de Mandjilou Ahamada Mouhogoni. J’ai 48 ans, je suis mariée, j’ai 2 grands garçons. Je suis native de Sada mais j’ai passé toute mon enfance et mon adolescence à Mamoudzou. J’y suis restée jusqu’à l’âge de 19 ans. Je vis, depuis, dans la région parisienne. Je reste néanmoins très attachée à mon île où je reviens toujours avec plaisir et où j’ai gardé beaucoup d’attaches personnelles. Je suis aujourd’hui coach et consultante certifiée en développement personnel et professionnel, spécialisée dans la qualité « de vie après tout bouleversement, mais particulièrement la maladie ».
Quel titre donnerais-tu à ta vie ?
J’hésite entre « Danse avec la vie au-delà des épreuves » ou « De la chrysalide au papillon ».
Mais je crois que je vais rester sur le deuxième titre.
En osant la métamorphose, j’ai embrassé ma “liberté d’être” en respectant mon ÊTRE INTÉRIEUR.
J’ai commencé à faire ce qui me fait du bien, sans excès mais avec passion.
J’ai commencé à faire confiance à mon intuition pour tout, pour chaque choix, pour chaque personne.
Parce que j’ai appris à me respecter.
Parce que je pense que je le mérite tout simplement.
Mais pour y arriver, cela a nécessité un assez haut niveau de travail, d’introspection et de conscience. Comme pour la chenille avant sa métamorphose en papillon, elle va subir de nombreuses transformations.
Ce que tu es fière d’avoir réalisé ?
La chose dont je suis fière voire très fière, c’est d’être devenue maman de mes deux garçons 23 et 16 ans.
« Maman » est le plus beau et le meilleur titre que je pouvais espérer… ce titre me rempli d’orgueil et d’amour.
Mais je suis aussi fière de la femme que je suis indépendamment de mes enfants.
Je suis fière de cette jeune femme qui a décidé un jour d’aller explorer le monde à l’âge de 19 ans. Vivre loin de ma famille, de mes amis(es), m’a donné l’envie et le besoin de rencontrer et découvrir des personnes qui elles-mêmes m’ont ouvert la porte à de nouvelles opportunités de rencontres et de découvertes.
On peut appeler ça « cercle vertueux ».
Cela s’est avéré être une expérience de vie constructive et profondément marquante. C’était un vrai défi d’arriver à vivre le processus d’adaptation à un nouvel environnement.
Devoir s’adapter à de nouvelles situations est une compétence qui s’est révélée indispensable dans ma vie. Je l’ai constaté quelques années après, lorsqu’on m’a diagnostiquée une maladie « auto-immunes »
Voilà une manière singulière pour acquérir des compétences, celles que l’on n’apprend pas à l’école ( gérer les stress, devenir autonome, savoir anticiper, savoir faire confiance en ses capacités, en l’autre…
Je suis extrêmement fière d’avoir eu le courage de reprendre mes études à la quarantaine et d’avoir validé un master 2. Reprendre des études est une décision importante et quelle que soit la situation qui nous pousse à nous réinventer. C’est avant tout un challenge individuel. N.Mandela disait « cela semble impossible jusqu’à ce qu’on le fasse » Ça été une belle revanche pour moi mais quelle énergie cela m’a demandée.
Quel a été ton plus grand défi dans ta vie ?
À travers les méandres de la vie, ma maladie a été une réelle boussole qui m’a aidé à évoluer, à m’orienter et à changer mes priorités afin de me mettre au service des autres. J’ai trouvé un sens à ma vie grâce à cette maladie et je mets tout en œuvre pour que d’autres personnes que moi arrivent également à ressortir plus forts de leurs difficultés.
J’ai appris que tout être blessé a une possibilité de métamorphose s’il arrive à conscientiser ses blessures internes et externes. Tout mon travail est désormais axé autour de cette conscientisation.
J’ai l’ultime conviction que l’individu est en capacité de se comprendre et de s’autodéterminer, à partir du moment où il ne reste pas seul, pas isolé. C’est pour cette raison que j’ai fondé l’association La Maison Du Second Souffle afin d’accompagner ces personnes qui vivent un bouleversement vers un processus émancipateur dans le but de libérer le pouvoir d’agir de chaque individu.
Voilà, c’est dans cet esprit que je souhaite voir évoluer notre société.
Et que te reste-t-il à accomplir ?
J’ai beaucoup de choses à réaliser encore. Je vais continuer à poser surtout des actes qui me rendent fière, de porter les causes et les valeurs qui me sont chères.
Je vais être attentive à ma petite voix intérieure. Continuer à mener les actions qui me semblent justes.
De cultiver encore et encore cette résilience qui me permet de dépasser toutes les contraintes et qui font de moi un être singulier.
La bienveillance qui fait intrinsèquement partie de nous et apporte tant de bien à ceux qui nous approchent ;
La folie qui nous fait vibrer et fait de notre quotidien une extase
Naviguer face aux événements, en ayant conscience que la vie n’est pas un long fleuve tranquille.
Qu’est-ce qui t’aide à surmonter n’importe quelle épreuve de la vie ?
C’est ma spiritualité, c’est ma famille, ce sont mes rêves, c’est le sens que je donne aux choses…
J’ai un mantra, c’est cette citation de
Marc-Aurèle que je me répète tous les jours au petit matin sous ma douche « Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l’être, mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre ».
Dans la vie, nous avons tous des moments compliqués à vivre. Chaque phase de notre existence est ponctuée par des hauts, mais aussi des bas.
J’ai appris beaucoup de choses avec ma maladie… lorsque toutes les portes semblent fermées, c’est parce que quelque chose de plus grand nous attend, quelque chose qui résonne plus avec qui nous sommes. Lorsqu’on ose sortir de notre zone de confort , c’est la que tout peut devenir possible.
Quel est ton talent caché ou ta passion dans ta vie ?
Je ne sais pas si c’est un talent, je dirai plutôt une force, c’est peut-être mon état d’esprit flexible et une capacité à m’adapter au changement. Ce qui m’aide à apprendre et à grandir.
Un état d’esprit optimiste qui m’aide à convertir mes échecs supposés en apprentissage.
Que veux-tu changer dans le monde pour qu’il soit meilleur ?
Remettre l’humain et le vivant au centre.
Identifier les valeurs universelles qui nous rassemblent telles que l’égalité, le respect, la fraternité, la solidarité, la justice…
La justice, qui implique une certaine notion d’égalité et de partage. Le respect d’autrui, fondement de toute vie sociale. L’amour et la compassion, qui nous poussent à aider notre prochain
Si nous unissons nos efforts, nous pourrons améliorer les choses, en profondeur.
Comment te vois-tu ? Et quelles sont tes valeurs ? Et tes principes ?
Une femme résiliente !
La résilience me permet de me dépasser pour atteindre ma vérité.
J’ai décidé un jour, que chaque moment de vie sera un enseignement et moi je serai l’élève.
Quelles sont les phrases positives quotidiennes pour garder de
l’espoir et te motiver à réaliser tous tes rêves ?
Chérissez votre curiosité et cultivez votre imagination. Ayez confiance en vous. Ne laissez pas les autres vous imposer des limites. Osez imaginer l’inimaginable.
Quel message souhaites-tu transmettre à ton île ou au monde ?
Toutes les richesses à développer doivent nous pousser à dépasser nos limites pour les défis hors normes qui attendent cette île.
Espoir, persévérance et détermination sont les vertus dont nous avons besoin.
GO ! GO !
Et pour finir dans quel monde aimerais-tu vivre ?
C’est utopique, mais j’ose 🫣
J’aimerais vivre dans un monde sans violence, sans pollution, sans famine, sans pauvreté, sans frontières… Un monde ou la terre serait guérie de toutes les maladies infligées par l’homme.
C’est beau de rêver !
Portrait du mois
Fatima Tricoire
Fatima est une personne très inspirante. Je suis fier de la compter parmi mes ami.e.s. A très vite pour de futures collaborations. 👍🙏