Expliquer l'inexplicable : l'horreur humaine !

Aujourd’hui, je souhaite rebondir sur l’article sur le viol en réunion qui s’est passé en plein confinement.
Comment peut-on comprendre ce qui est incompréhensif, inacceptable, intolérable, inimaginable, car d’une cruauté humaine surtout qu’il s’agissait d’une femme en situation d’une vulnérabilité et fragilité particulière ?
La réponse est qu’il n’y a aucune explication à cet acte qui se décrit comme étant « ignoble » et « inhumain ».
Et c’est normal que cela suscite de fortes émotions négatives, de la colère, de l’indignation, de la sidération, un choc émotionnel immense pour la victime, ses proches, mais un émoi collectif qui nous questionne sur la face la plus sombre de l’être humain.


Et pour la victime et sa famille, le temps s’arrête, il y aura à partir de là un avant et un après le traumatisme. Et une vie et des vies chamboulées complètement. C’est le choc pour elle et pour tous ! Comment continuer à vivre après un tel événement ? C’est très compliqué, d’où la nécessité d’une prise en charge psychologique précoce. C’est dans ces moments que les professionnels de la santé psychique interviennent afin de mettre des mots sur ses « maux » d’une violence inouïe.

La victime a besoin plus que jamais d’être soutenue et non rejetée. Elle a besoin d’écoute, de bienveillance, d’empathie, car les conséquences psychiques peuvent être de plusieurs sortes, nous vous en citons quelques-unes (en n’oubliant pas que chaque souffrance est unique, car chacun y répond à sa façon) :
« 
-baisse de l’estime de soi, manque d’assurance et de confiance en soi


-sentiment de saleté et de honte


-difficultés sexuelles (abstinence ou errance, désordre de la libido, rapports sexuels douloureux …)


-difficultés relationnelles (engagement amoureux impossible, agressivité, isolement social, violences conjugales avec ou sans viols conjugaux, dégoût ou haine des hommes …)


-difficultés somatiques et psychosomatiques (problèmes gynécologiques, de dos ; soins dentaires refusés ; lavements fréquents ; douleurs au ventre ou à l’anus …)


-difficultés autour de la maternité (grossesses angoissées, etc.)


-conduites addictives et d’autodestruction (anorexie, boulimie, automutilation, tentatives ou idées suicidaires, automédication abusive… )


-diverses pathologies psychiques (dépression, psychoses, mal-être généralisé, sentiment de culpabilité dévorant, sentiment de vide et non-sens, dégoût de soi, de son corps, de son image dans le miroir …)


-les difficultés professionnelles (abandon du travail, chômage, stagnation, instabilité, périodes SDF, échec scolaire …)


-les hospitalisations répétées, spécialement en psychiatrie. »

-des idées suicidaires, vouloir mourir car on pense que c’est la seule solution pour taire sa souffrance. Or, il y’a d’autres solutions, l’accompagnement psychologique en fait partie.

D’autre part la victime passe par un processus de deuil avec 5 étapes dans une première phase :
-le choc
-le déni (croire que ce n’est pas arrivé)
-la colère (pourquoi c’est arrivé, culpabilité, agressivité, etc.)
-la peur (peut développer des phobies, de l’anxiété sociale, peur de sortir, peur des hommes, ne plus prendre le taxi, ni aucun transport, etc.)
-la tristesse (pouvant développer des idées noires voir suicidaires…).


D’où l’importance pour la victime et sa famille d’une prise en charge psychologique, car cela peut être vécu comme un « très long cauchemar ». Et lorsque l’on traite tôt le traumatisme psychologique, cela ne permet pas d’oublier, « on n’oublie jamais », on retraite l’information traumatique, pour ne pas être envahi et installer des symptômes invalidants qui peuvent durer longtemps tels que la peur, les cauchemars, les flashbacks.


Enfin, le viol est une agression sexuelle qui se définit comme étant : »une atteinte sexuelle commise sur une personne majeure ou un mineur. Il s’agit d’un acte passible de poursuites et de sanctions pénales. La loi exprime que les violences sexuelles portent atteinte aux droits fondamentaux d’une personne et notamment à son intégrité physique et psychologique ».
Cette violence sexuelle porte atteinte en effet à l’intégrité physique et psychique des victimes. Et pour se reconstruire, il est important et primordiale de se faire suivre psychologiquement.
Ce sujet reste tabou, mais il est nécessaire de sensibiliser et faire de la prévention sur les violences sexuelles et toutes les autres formes de violences (cyberharcèlement, harcèlement scolaires, violences psychologiques, violences verbales etc.)


Nous aurons l’occasion d’évoquer ces sujets ultérieurement avec des témoignages poignants.


Toutes nos pensées profondes vont vers les victimes de ces violences inacceptables et intolérables.

Angie Weps
Chroniqueuse de la santé mentale

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