Perdre une personne chère est une des épreuves les plus dures. Ainsi dire au revoir semble lourd et apporte son tsunami émotionnel. Ce sont des moments comme cela qu’un (e) psychologue peut nous être utile. Ce professionnel peut nous écouter avec bienveillance et empathie pour nous permettre de mettre des mots sur nos douleurs psychologiques les plus profondes.
Il y a presque 10 ans, nous avons perdus un être très cher : une mère.
Oui sûrement, même dix ans après, il est très probable de souffrir d’une perte et qu’à chaque date importante, de s’effondrer au point de se demander le sens de notre vie sans cette personne chère à nos yeux : qui suis-je sans toi ? Ou bien encore tu m’as tout appris sauf à vivre dans ce monde sans toi !
Le deuil n’est pas chose facile qu’il soit récent ou passé. Un deuil peut devenir pathologique et être impossible à faire. Ainsi il peut créer des dégâts psycho–émotionnels »irréversibles », au point de vivre sans vraiment vivre dans ce monde, vivre tout simplement physiquement et être mort psychiquement pour toujours. Comme pour nous rappeler l’insoutenable vérité, la perte à jamais de celle où celui qu’on a tant aimé et qui nous restera inoubliable.
Mais doit-on pour autant s’empêcher de vivre ? Et devenir des êtres bien vivants, mais bien malheureux dans l’incapacité de s’octroyer des moments de bonheur ?
Est-ce qu’on est obligé de se tourmenter psychologiquement, de s’en vouloir, de rester triste jusqu’à la fin de nos jours ? Est-ce leur rendre service de nous voir aussi mal, leur privant « la paix de leurs âmes » de l’autre côté ? Pour ceux qui croient à l’autre monde, où les vivants sont séparés des morts et y seront réunis un jour prochain.
Au-delà de ces questions métaphysiques et spirituelles comment vivre son deuil de façon sereine malgré cette période spéciale où l’on doit privilégier le Moi individuel au Moi groupal, où l’on doit prier seul et se reconnecter à soi-même pour vivre pleinement notre peine, notre souffrance intérieure et crier de toute notre force l’insupportable vérité et l’inacceptable réalité : « tu n’es plus là » !
Les psychologues en l’occurrence vous direz d’écrire symboliquement une lettre dans laquelle vous y mettrez tout ce que votre cœur vous dicte, vos ressentis, vos émotions, les sensations pour que vous puissiez évacuer à l’extérieur tout ce qui vous ronge de l’intérieur. Ce courrier, vous pouvez après soit le brûler, le jeter en mer, ou le broyer après l’avoir lu chez votre psy. C’est peut-être ce dernier choix que j’opterai pour rendre hommage à la femme qui m’a mise au monde et a fait de moi ce que je suis aujourd’hui.
Enfin, n’ayez pas peur de montrer vos faiblesses, vos sentiments, vos douleurs, vos émotions négatives (tristesse, peur, colère, déception, angoisse etc), c’est humain, c’est bon pour être au clair avec soi-même, les autres et le monde qui nous entoure. C’est s’assumer dans sa partie la plus sombre, ses fragilités et sa vulnérabilité propre à chaque être humain.
Prenez bien soin de vous, de vos êtres qui comptent pour vous aussi bien les vivants que les morts. Ces derniers ne sont plus là, mais ils gardent une place précieuse dans vos cœurs et leur désir, c’est de vous voir heureux sur terre, c’est sûrement le meilleur hommage que vous pourriez leur offrir. Paix et âmes à nos êtres chers, on vous aime où que vous soyez.
Nos cœurs ne vous oublient pas. Vous êtes de l’autre côté de la rive, nous vous rendons hommage par nos prières et notre capacité à garder l’espoir. Car vous êtes notre force quand la vie devient plus pénible, vous êtes notre ange quand l’envie de tout lâcher nous guette, vous êtes là en nous pour l’éternité.
Cette pensée nous aide à aller de l’avant et à dépasser nos limites. Parce que si la vie sans vous n’est pas drôle, elle est plus intéressante quand nous rayonnons de bonheur pour que vos âmes trouvent la paix, le pardon et l’amour. Soyez bénis et aimés en tout temps !
Pour terminer, je vous dédie ce poème de deuil de Henry Scott-Holland.
« La mort n’est rien, Je suis seulement passé dans la pièce à côté.
Je suis moi. Vous êtes Vous.
Ce que j’étais pour vous, je le suis toujours. Donnez-moi le nom que vous m’avez toujours donné, Parlez-moi comme vous l’avez toujours fait. N’employez pas un ton différent, ne prenez pas un air solennel ou triste. Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.
Priez, souriez, pensez à moi, priez pour moi.
Que mon nom soit prononcé à la maison Comme il l’a toujours été, Sans emphase d’aucune sorte, Sans une trace d’ombre.
La vie signifie tout ce qu’elle a toujours été. Le fil n’est pas coupé.
Pourquoi serais-je hors de vos pensées, Simplement parce que je suis hors de votre vue ? Je ne suis pas loin, juste de l’autre côté du chemin. Vous voyez, tout est bien. »
Angie Weps
Chroniqueuse de la santé mentale