Enfant,
J’étais la petite fille idéale
Sage et à l’écoute.
J’ai dû grandir plus vite
Pour aider ma mère
À ne pas sombrer
Dans une profonde tristesse.
Je devais la réanimer
Là où nos pères,
Ces géniteurs l’ont
Littéralement détruite.
J’étais malheureuse,
Pour elle.
Femme battante,
D’un caractère fort
Elle a pu élever huit enfants
Toute seule.
Je l’admirais tant !
Et je me devais d’être
La fille dont elle mérite.
Sérieuse, travailleuse
Je ne devais pas
La décevoir
Comme les membres de sa famille
Et les hommes.
J’ai fait mon devoir de fille,
J’étais obéissante.
Je me suis mise à être une bonne élève
Juste pour elle.
De cancre,
Je suis passée dans le top 3.
D’illettrée, je me suis mise
À lire et à écrire dès
Mes 10 ans.
Je devais sauver ma mère
En me sauvant d’abord.
Je me suis fait un plan d’attaque inconsciemment.
Je ne savais pas
Où j’allais,
Mais je sais que je ne devrais pas échouer.
Être à l’écoute de ma mère
Était mon premier objectif.
Être sa bouée de secours,
Celle dont elle pouvait compter
À tout moment.
Même du haut de mon petit âge.
Ma stratégie a fonctionné.
J’ai compris tous les sacrifices de ma mère.
Elle fut seule,
Elle a rencontré tant d’épreuves avec ses enfants.
Je ne devais surtout pas
Lui en ajouter.
Élever des adolescents
A dû terriblement
Lui faire souffrir.
Je l’ai vu craquer,
Je l’ai vu pleurer,
Je l’ai vu s’affaiblir.
Au point que je me suis oubliée,
Pour m’occuper
De la seule personne
Que j’aimais à cette époque,
Ma mère, mon tout.
J’ai dû travailler dur
Pour réussir à l’école,
J’ai dû partir
Pour mieux revenir,
Et pouvoir concrètement l’aider.
J’ai traversé des épreuves dures
Seule l’idée de ne pas abandonner
Pour ma mère m’aidait à tenir.
J’ai échoué
Je suis tombée
Plusieurs fois.
L’amour m’a tué
Plus qu’il m’a aidé à vivre.
J’ai été brisée,
Je me suis relevée
Pour ma mère.
Et puis elle est partie plus tôt.
Je n’avais plus de raisons de vivre
Mais un petit être
Me réanima,
Je n’ai plus eu le choix
Que de faire le choix de la vie contre la mort.
Pour accompagner mon enfant
À grandir et à être heureux.
C’est ce que je fais désormais.
Je n’ai plus le choix
Je suis condamnée
À vivre,
Pour mes précieux.
Je suis mère à mon tour
Et mon objectif,
C’est d’être heureuse
Avec mes enfants
Tout simplement !
Hommage à toi, merveilleuse mère,
Où que tu sois,
Ton amour maternel me guidera à l’infini.
Merci pour tout.
Je t’aime éternellement.
Angie Weps
Chroniqueuse de la santé mentale