Un métier honorable sous-estimé et malmené :
Psychologue, une passion, une vocation !
Je suis psychologue depuis une dizaine d’années ou même depuis toute jeune, car être à l’écoute des autres était ma passion quand j’étais adolescente. C’était une écoute bienveillante pour permettre à mes camarades de classe ou tout jeune de pouvoir se confier à quelqu’un de confiance. J’ai pu à cette époque leur offrir ce temps d’écoute, sans jugement en leur permettant de libérer leurs émotions négatives.
J’ai beaucoup appris juste en restant assise et à écouter des jeunes comme moi en proie à des questions existentielles qui parfois ne trouvent aucune réponse satisfaisante.
Aujourd’hui, j’exerce un métier qui ne finit jamais de m’apprendre au quotidien sur « l’âme humaine », je m’enrichis également aux côtés de ceux que j’accompagne modestement pour qu’ils puissent trouver en eux les ressources nécessaires pour être bien avant tout avec eux-mêmes puis avec les autres.
Et pour cela, un travail de connaissance de soi approfondi semble nécessaire.
Ce long cheminement vers soi est un voyage très long et fastidieux, car reconnaître nos imperfections, nos limites, nos émotions et en plus de la dure réalité est quelque chose de très difficile. La vie n’est pas comme on aurait aimé qu’elle soit, elle est faite de doute, de peurs, mais aussi de rêve, d’envie, de projets, etc.
La vie nous invite à se rendre compte de son côté éphémère, que rien n’est acquis surtout pas l’amour. Tout est amené à évoluer dans un sens ou dans l’autre. Rien n’est figé, rien ne peut nous garantir un bonheur simple et durable.
Nous avons toutes les raisons pour se rendre malheureux et haïr la vie ou les êtres-humains ou nous-mêmes parce que vivre, c’est aussi se rendre compte du pire comme du meilleur.
Et comment on fait pour trouver sa voie, être heureux et accepter la réalité même si elle est souvent « inacceptable », « intolérable », « insupportable » ?
C’est ce travail thérapeutique qui nous permettra d’être au clair avec soi-même, le monde et les autres. Car ne pas se mentir et voir la vraie réalité nous aide à ne pas sombrer dans l’illusion de quelque chose qui n’existe pas, mais à faire la part des choses, jeter les bagages psychiques inutiles, travailler les événements traumatiques, accepter la frustration, se désillusionner pour ne pas sombrer, car les choses ne sont pas comme on le souhaite.
L’humain est ce qu’il y a de plus complexe et ce qu’il y a de plus difficile à comprendre. Tenter de le comprendre est une tâche des plus ardes. Il y a des choses qui ne s’expliquent pas toujours et chaque être humain est unique.
Alors en tant que psychologue, j’ai voulu consacrer un ouvrage à mes patients. En les rappelant combien ils m’enrichissent tous les jours. Je les écoute et je me rends disponible même si on oublie souvent qu’écouter les souffrances psychiques est une grande aventure qui nous pousse continuellement pour ma part, à me remettre en question : suis-je capable de les aider et de leur apporter ce dont ils ont besoin pour devenir à leur tour, leur propre thérapeute ?
Angie Weps
Chroniqueuse de la santé mentale